aldo caredda
Dition "L"
"L"
2013
soixante-quinze empreintes originales sont placées dans la cour carrée du Louvre, Paris
quatrième volet de la Dition stickyfinger (n°4/10)
18 mars 2013, Pour elle - 75 empreintes pour soixante quinze jours, placées en divers endroits de la cour Carrée
75 empreintes choisies parmi les 304 reproduites dans le catalogue/affiche 75gr, éditée par la galerie Intuiti (2013)
Edition
"75gr"
catalogue/affiche 75gr (ed.galerie Intuiti, Paris 2013)
édition papier 80x68cm -
Recto : reproduction de 304 empreintes dont
1 à 75 : Placées dans la cour carrée du Louvre
76 à 304 : 229 catalogues numérotés et signés, accompagnés d'une empreinte originale sous blister.
Verso : choix de textes et images référents.
Le principe de l'édition 75gr : proposer en recto : une illustration et en verso : un libre choix de textes et/ou illustrations référents. En association, explication ou pas de l'oeuvre présentée.



Potlatch
Le geste primordial de peindre, accompli, répété, du bout du doigt. L’index plonge dans la matière noire. S’encre. L’oeuvre se construit en sillons. L’empreinte est digitale, elle est trace. A la fois objet et signature, quasi biométrique. Pas tout à fait, pourtant. Au delà des dessins formés par la crête dermique, un ajout minuscule de matière résiduelle posée au centre du composite, vient dire une autre histoire. L’unicité en est troublée, la permanence de la figure cutanée est alors contredite. l’identification impossible. Les minuties dans la répétition deviennent divergentes, irrégulières, inclassables. Chaque geste crée un nouvel univers, une anomalie. Perceptible, original, comme autant de nouveaux scénarios figuratifs. Des noyaux, des deltas, des lacs. Des arches, des boucles, des tourbillons, des plis, des îlots, des crochets, des ponts. Et des visages, des structures ou des paysages sont eux identifiés, reconnus. Accumulés sur la toile ces fichiers d’un genre particulier composent un agencement panoptique positif, un miroir, une récurrence. Stockés sur des supports individuels, l’artiste disperse ses dermatoglyphes au gré de ses désirs de brillance, de fulgurance. Il sème ces preuves menues mais tangibles de son existence et les diffuse en les cachant. Certaines ont un emplacement de rêve, d’autres sont même au spectacle. Au Centre Pompidou, au Moma, au Chelsea Hotel, dans la cour carrée du Louvre… D’autres encore, circulent, mobiles à jamais. Mais l’énigme demeure……Naturellement. Qui dépasse l’entendement. C’est de don qu’il s’agit, de don et d’aventure. D’évasion.
Pascale Geoffrois




