aldo caredda
NOIR QUOTIDIEN (Dition#2 - StickyFinger)
"Noir Quotidien"
2015
trois cent soixante cinq empreintes sont placées sur 365 quotidiens de l'année 2015
volets 6 et volet 7 de la dition Stickyfinger (n°6&7/10)
Track4 - 365 lettres/empreintes
Premier janvier 2015, Trouville, j'achète le journal Le Monde pour le lire sur la plage. Je rentre et là, sans aucune arrière pensée ou même pensée,je recouvre la première page de peinture noire, ne laissant apparente que la date en haut du journal. Je pose ensuite une empreinte au milieu de la surface noire. L'année allait désormais se rythmer, selon pourrait-on dire un rituel. Une année entière de journaux, quotidiens ou autres, noircis puis empreintés. Il se trouve que l'année devait malheureusement commencer par des évènements qui se sont révélés très noirs, et puis...
J'ai donc chaque jour, lu ou parcouru un journal que je refermai sur une empreinte choisie dans un temps suspendu. Pour être tout à fait précis, c'est plutôt 364 empreintes, le premier mai faisant l'économie du quotidien. Ce ne fût cependant pas une année "noire" bien au contraire, mais une année ou chaque jour était compté, répertorié et marqué d'un "noir" au quotidien.

Journal - acrylique sur papier - 47cm x 31cm
Journal- acrylique sur papier - 37cm x 28cm









Affiche


TENIR UN JOURNAL ET S’EN METTRE
PLEIN LES DOIGTS...
Tenir un journal a toujours quelque chose de noir, l’encre peut-être...Mais ce sont les nouvelles... Sempiternelles... C’est de cette noirceur que chacune des unes de cette année 2015 se revêtent, se revendiquent et se parent, davantage encore sous le regard d’Aldo Caredda qui de chaque jour ne semble finalement ne retenir que la date.
Cette presse, qu’il nous expose, sur une année complète, en aura connu des évène- ments, du pire au pire, jamais rien n’allant en le disant... Les titres se figent sous ce deuil permanent et se voilent et se parent. Encore et toujours. Ne reste que cet angle, cette empreinte posée sur un présent qui ne dure pas, tout ça pour ça ? Chaque 24 heures, un nouvel arbre... Chaque fois, une forêt, sacrifiée... Tout ça pour ça ? Alors tenir un journal et se salir ? S’en mettre plein les mains ? Puis s’en laver ? On lit avec des gants. Où alors, c’est nou- veau, on ne lit plus... C’est aussi moderne que de se protéger, un préservatif pour le coeur, pour l’esprit, pour la raison. Lire ou ne pas lire, telle est la question. Puisque personne n’y voit rien... De toute façon. Occulter et oublier ? Recouvrir et déformer ? Rester aveugle et sourd ? Quand même ce qui est censé nous éclairer, nous plonge dans les ténèbres, alors, l’artiste, lumineux, viendra pointer la seule vérité contenue là : le jour et l’heure.
Pascale Geoffrois
Installation
Installation Galerie-S-Mortier 14,rue Lincoln 75008, Paris




Catalogue
Catalogue : 365 cartes postales recto/verso - 15x10x13cm sous blister




